Thierry Verbeeck est lauréat de l’appel à projet « Accompagnement des Ecritures Artistiques Contemporaines 2016 ». La réalité virtuelle vient bouleverser les frontières que l’on pensait tangibles entre l’espace numérique et notre quotidien. Thierry Verbeeck est parti de ce constat et utilise le procédé lenticulaire pour interroger cette propagation.

 

Ré-inverser le rapport entre réalité et numérique

Thierry Verbeeck s’intéresse à l’impact produit par le numérique dans notre société et développe sa démarche artistique autour de ce thème. Un des matériaux utilisé pour restituer son travail est l’impression lenticulaire. Le lenticulaire ? Tout le monde en avait, étant enfant. Sous forme de cartes, règles, pogs, etc… Pour être plus précis, c’est une impression au dos d’une feuille de plexi glace rayée permettant d’afficher plusieurs images, le tout sans électricité. L’objet créé ainsi du mouvement, une progression, un changement…

Le lenticulaire est un procédé qui ne nécessite pas d’être alimenté en électricité. Les personnes, en circulant devant l’œuvre, activent son mouvement. C’est pourquoi l’installation prend tout son sens dans l’espace public. Les codes numériques, rendus autonomes de leur alimentation, deviennent dépendant du quotidien des passants.

L’artiste belge a souhaité reproduire l’effet pixélisé du temps de chargement sur le Street View de Google. En plein Strasbourg, comme si les rues se téléchargeaient sous nos yeux. Son projet Mur de Lenticulaires « saisit, selon ses termes, le caractère propre au numérique pour le transposer au monde réel ». Le passant se perd entre deux univers et se trouve poussé à la réflexion suivante : de quel côté de l’écran est-ce que je suis ?

Du nouveau en résidence

Après plusieurs changements de lieu et de méthode, Thierry Verbeeck semble enfin réussir son pari. Le porteur du projet, devenu habitué aux résidences, a beaucoup appris au contact des autres artistes côtoyés au Shadok. Il se voit même très impatient d’installer son lenticulaire place de la République. « L’année dernière, j’ai participé à une résidence qui a abouti sur le projet From Bits to Paper. C’était très enrichissant. Suite à cela, j’ai réalisé une série de gifs animés qui ont été imprimés avec la technique du lenticulaire. Les résidences de cette année vont beaucoup plus loin. Je redécouvre le matériau. J’ai même l’opportunité de le tester dans un espace public en extérieur. »

Au départ, il était question de se servir d’une façade de maison. Finalement, le lenticulaire reposera sur une structure autoportante installée au milieu du décor. Thierry reconnait une certaine évolution dans son travail, avec à titre d’exemple ce passage de la 2D à la 3D : « On prend plus qu’un mur, on prend une vue ! C’est bien plus riche que mes premières propositions de projet. »

« J’ai l’impression que c’est à moi d’aller vers le public »

Thierry n’a pas d’attente particulière du public strasbourgeois, c’est même tout l’inverse pour lui qui souhaite avant tout susciter de l’intérêt pour son projet, même donner envie de s’intéresser au numérique. Comme il le dit, « l’art est dans l’œil du public. Cette expérience est une manière pour moi de développer un nouveau type de travail, afin de mieux connaitre le lenticulaire. » Avec une certaine envie d’exporter son mur, Thierry Verbeeck se voit octroyé d’un devoir envers les passants : progresser dans sa maitrise du matériau et découvrir de nouvelles choses en résidence.

Vous pensiez que la matrice n’était qu’un concept obscur issu de la science-fiction ? Passez donc place de la République, à partir du 10 octobre 2017 et laissez-vous leurrer par ce décor où réalité et numérique se succéderont à chaque pas.

 

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