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Raphaël Gouisset – Je ne suis pas un astronaute

Artiste accueilli en résidence dans le cadre du cycle Hier c’était demain : science-fiction et imaginaires collectifs [1]

Raphaël Gouisset est performer, comédien et metteur en scène.
Au sein du collectif Les Particules, il explore les possibilités et les manières d’intégrer le numérique et plus particulièrement le web à l’art vivant.

Il est accueilli en résidence dans le cadre du Temps #3 : fiction de la science, science de la fiction [2] du cycle thématique Hier c’était demain : science-fiction et imaginaires collectifs [1], fil rouge de cette année 2019 au Shadok.

La résidence s’articule autour du développement du projet Je ne suis pas un astronaute, un objet artistique théâtral en orbite. Le fil conducteur est l’espace mental personnel, lui-même compris dans notre espace terrien limité, lui-même perdu dans l’espace intersidéral infini.
Pendant 91 minutes et 30 secondes, soit la durée de la performance, Raphaël Gouisset prétendra être un astronaute. Pourquoi un minutage aussi précis ? Parce que c’est le temps de révolution de l’ISS autour de la Terre.
Ce temps de résidence au Shadok est une première étape dans le processus créatif, à base de recherches, notamment scientifiques, pour aboutir sur un premier travail d’écriture.

»Biographie [3]

Raphaël Gouisset est performer, comédien et metteur en scène. Au sein du collectif Les Particules, il explore les possibilités et les manières d’intégrer le numérique et plus particulièrement le web à l’art vivant.

Quand il ne passe son temps caché derrière son écran, il crée des mondes théâtraux dans lesquels il peut évoluer. Adepte de désossage d’ordinateurs et d’errances sans fin sur le Net, il fabrique du théâtre numérique. Ou du numérique théâtral. Peu importe. À travers différentes formes, parfois spectacles, parfois performances, parfois installations, il explore les enjeux des révolutions numériques actuelles. Il utilise Internet sur scène et donne à ce média une place prépondérante dans sa dramaturgie.

Le projet [4]

« Je ne suis pas un astronaute est un objet artistique théâtral en orbite.
Le focus sera fait sur mon espace mental personnel, lui-même compris dans notre espace terrien limité, lui-même perdu dans l’espace intersidéral infini.

Au fil d’un poème documenté, l’écriture du spectacle s’articulera autour de trois thèmes :

  • La conquête spatiale
    Je n’ai jamais clamé haut et fort que je voulais être un astronaute, mais je l’ai toujours un peu chuchoté dans ma tête. Gamin, j’hésitais entre dessinateur de bande-dessinée, nivologue, footballeur professionnel et bien sûr astronaute.
    Aujourd’hui sur Youtube je regarde en boucle SpaceX faisant atterrir les boosters de ses lanceurs, je découvre des juristes qui affutent leurs arguments en vue des prochaines batailles pour le grand découpage administratif du vide intersidéral et j’écoute bouche-bée des ingénieurs qui conçoivent des satellites éboueurs pour résoudre le problème de nos orbites terriennes débordantes de détritus.
  • Certaines problématiques écologiques
    Je dis certaines parce qu’elles sont bien trop nombreuses pour toutes être recensées et évoquées dans un seul spectacle.

    Pour être honnête, ce ne sera pas un spectacle qui tentera d’éveiller les consciences. On est probablement foutu. Je veux faire un spectacle pour brûler la vie par les deux bouts, et j’essaireai, je dis bien ‘‘j’essaierai’’ de ne pas être trop ‘‘no futur’’.
  • Des tentatives d’identification de problématiques sociales à venir (sociologie prospectiviste)
    Pour ce thème là je souhaite travailler avec des universitaire prospectivistes. Je n’en connais encore aucun alors je prends sur moi ici d’imaginer un exemple : la colonisation de Mars reproduira t-elle les mêmes inégalités ultracapitalistes terriennes ou, au contraire, son surnom de Planète Rouge la prédestine-t-elle à devenir le nouveau berceau du communisme ?
    Et si oui, doit-on envisager une nouvelle guerre froide entre les capitalistes terriens et les communistes martiens ?
    Pour ce voyage intersidéral j’envisage d’être accompagné sur scène par un musicien, il figurera mon lien avec la Terre, mon ‘‘Houston’’ à moi.Pendant 91 minutes et 30 secondes, qui sera la durée de la performance, je prétendrai être un astronaute. Pourquoi un minutage aussi précis ? Parce que c’est le temps de révolution de l’ISS autour de la Terre.
    Le but ultime étant de prendre de la hauteur pour résoudre la problématique de ma vie et celle du genre humain. Seule l’écriture du spectacle nous dira si j’arriverai à mes fins, si ma réflexion poétique dessinera un cercle ou une sinusoïde, si j’apporterai des réponses ou si au contraire je ferai germer d’autres questionnements métaphysiques dans la têtes des spectateurs (ce qu’en secret j’espère).

    Et pour finir, un streaming d’une webcam diffusant en direct de l’ISS sera vidéoprojeté, ceci donnera à chaque représentation sa singularité, et permettra à mon texte d’être constamment rattaché au réel.

Ressources [5]