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Marie Picard et Emmanuel Vergès – Socio-fiction

Artiste en résidence dans le cadre du cycle Hier c’était demain : science-fiction et imaginaires collectifs [1]

Marie Picard est directrice artistique dans le champ des nouveaux médias et travaille depuis 2015, au sein de l’association Urban Prod, à développer les usages numériques citoyens.

Emmanuel Vergès œuvre dans le champ de la coopération culturelle et numérique, tant sur des projets que sur les métiers et modèles de gouvernance. Il a fondé et dirigé ZINC, arts et cultures numériques à la Friche la Belle de Mai à Marseille pendant 15 ans.

Tous deux sont accueillis en résidence dans le cadre du Temps #2 – Hacking et société (du) libre [2] du cycle thématique Hier c’était demain : science-fiction et imaginaires collectifs [1], fil rouge de cette année 2019 au Shadok.

Socio-fiction est un dispositif d’écriture à quatre mains, partant du postulat que le numérique a déplacé la posture de l’auteur, construit autour de trois axes forts : les humanités numériques, l’apport philosophique dans la fiction et la valorisation des cultures libres. La figure du hacker dans notre société y est également explorée.

Le projet s’oriente vers une forme théâtrale participative pour deux personnages, pouvant être jouée sur un plateau, dans une salle de cours ou encore dans la rue.

Biographie [3]

Marie Picard, née l’année où le mot hacker a été inventé, puis diplômée des Beaux Arts de Rennes, directrice artistique dans le champ des nouveaux médias. Elle co-dirige la Confection, lieu d’apprentissage et de création à Lectoure, et crée les Vidéographes collectif d’artiste pour faire émerger des oeuvres transmédia. Puis rejoint Urban Prod, Humanités Numériques, à Marseille. Elle expérimente auprès d’organismes publics et privés (Réseau Ferré de France, Mucem, Festival des Galères…) les nouvelles pratiques éditoriales et de création de contenu, qui accompagnent et racontent leurs transformations culturelles liées au numérique : ligne éditoriale, dispositif transmédia, co-construction de projets créatifs et innovants, team building, écriture de scénario, plan de communication.

Emmanuel Vergès a fondé et dirigé ZINC à la Friche la Belle de Mai, Marseille, structure de production, pionnier dans le champ des arts et des cultures numériques depuis 1995. Il a été membre de la première commission paritaire du DICREAM de 2011 à 2013. Il a accompagné les carrières d’artistes numériques contemporains – Etienne Rey, Nicolas Clauss, Philippe Charles, Jean-Yves Birker…
Il a fondé des réseaux professionnels et de production dans ces champs et a collaboré avec l’ensemble des structures de production et de diffusion des arts numériques en France. Il est formellement ingénieur et docteur en information-communication, enseignant et chercheur associé à Aix Marseille Université. Il oeuvre aujourd’hui dans le champ de la coopération culturelle et numérique. Il dirige l’Office depuis 2012, structure d’ingénierie culturelle au service des communs. Ses travaux l’amènent à coopérer régulièrement avec l’Observatoire des Politique Culturelle avec qui il accompagne les territoires en transition culturelle liée au numérique, tant sur les projets que sur les métiers et les modèles de gouvernance.

Leurs affinités intellectuelles et artistiques les conduisent Marie Picard et Emmanuel Vergès à collaborer sur deux champs de recherches-actions :

  • Les nouveaux modèles d’organisation dans les process innovants
    Ensemble ils accompagnent la transformation d’Urban Prod pour trouver un nouveau modèle d’organisation à une structure qui a eu une très forte croissance en très peu de temps. Inspiré des entreprises libérées et des cultures libres, ils décident de ne pas appliquer un modèle existant mais d’en créer un à l’image des besoins, ressources intellectuelles et humaines de celle-ci. Cette expérience leur permet d’essaimer la méthodologie pour accompagner d’autres structures, projets : European medialab praxis, Youth Camp Experience, Service Culturel de la ville de Bron, Ville de Martigues…
  • Coopérer c’est faire oeuvre
    De ce projet, ils ont appris que la transformation sociale vient par le faire, que pour eux faire c’est faire oeuvre. Parce que les transformations sont aujourd’hui fondamentalement et structurellement culturelles. Leurs expériences respectives les accompagnent et les fait désirer de mettre en place des dispositifs artistique participatifs innovants. Au printemps 2018 ils profitent d’une semaine de résidence au Hublot centre de création artistique à Nice pour élaborer le premier volet du projet Sociofiction. Une performance artistique, participative et coopérative qui incite le public à trouver des solutions par consentement sur des sujets divers. Raconter, ensemble, pour se transformer.

Le projet [4]

L’important pour nous dans la science-fiction n’est pas ce que le passé nous raconte sur notre présent. Mais ce que, de notre présent, on va être capable de garder comme traces archivées pour nous raconter dans le futur ?

La science-fiction serait alors la capacité de conserver des traces aujourd’hui, d’archiver des traces aujourd’hui, pour permettre demain de raconter une histoire sur notre présent demain. De raconter une mémoire pour pouvoir faire société.

La question n’est pas de savoir comment écrire de la science-fiction mais de savoir ce que les réseaux sociaux peuvent produire comme contexte d’écriture dramaturgique ?

De savoir quels personnages permettront de raconter des histoires : le héros-hacker ?Tout un chacun ? De savoir ce que les traces permettent de constituer comme base culturelle de fiction ? Que faudra-t-il hacker dans le futur pour accéder aux traces d’aujourd’hui ?

Un point de départ : Socio-fiction est un dispositif pour écrire ensemble un futur désirable.

Socio-fiction est une expérimentation de spectacle coopératif, ou l’expérimentation d’une coopération spectaculaire. C’est l’intuition qu’une coopération a une dimension culturelle est structurante. Quel meilleur endroit qu’un théâtre, lieu de la construction et de représentation culturelle de la société depuis des millénaires, pour expérimenter ce co-opérer, ce “faire oeuvre” ?